Chirurgie éveillée
L'objectif de l'intervention est de retirer la plus grande portion possible de la lésion tout en préservant les zones fonctionnelles impliquées. La chirurgie éveillée permet d'identifier pendant l'intervention ces zones fonctionnelles à préserver, grâce à l'enregistrement de l'activité électrique du cerveau.
Cette procédure est rendue possible par le fait que notre cerveau ne peut pas ressentir de douleur. Elle permet de vérifier en temps réel que l'exérèse effectuée ne génère pas de désordres fonctionnels.
Avantages de la chirurgie éveillée :
- Elle rend opérables des lésions qui ne l'étaient pas jusqu'alors.
- Elle permet de réduire le risque de séquelles neurologiques.
- Elle garantit une plus grande efficacité chirurgicale et une meilleure qualité de vie.
- Elle permet de réduire le nombre et la durée des séjours en centres de rééducation (durée parfois supérieure à 6 mois sans cette technique).
Chirurgie d'exérèse d'une tumeur du cervelet
Cette opération est réalisée sous anesthésie générale. Pendant l'opération, le patient est allongé sur le ventre, le côté, ou parfois assis. Le choix de cette position dépend de la localisation de la tumeur et des habitudes de travail de l'équipe soignante.
La durée de l'opération est très variable, de une heure trente environ à plusieurs heures. Après incision de la peau et écartement des muscles, le chirurgien réalise une petite ouverture du crâne de quelques centimètres. Il ouvre ensuite la dure-mère entourant le cervelet, puis enlève la tumeur. La vérification de l'absence de saignement précède la fermeture soigneuse.
Exérèse d'une lésion intra-parenchymateuse
Pour enlever la lésion, le chirurgien doit ouvrir la boîte crânienne. La chirurgie nécessite au préalable des examens d'imagerie (IRM ou scanner) pour le repérage de la lésion, parfois complétés d'une neuronavigation peropératoire.
La craniotomie est réalisée avec des outils spécifiques. L'exérèse de la lésion se fait sous microscope opératoire avec des outils sophistiqués tels que la neuronavigation ou des bistouris à ultrasons.
Cavernome
L'objectif principal de l'intervention est de retirer totalement le cavernome, supprimant ainsi le risque d'hémorragie. Lorsque le cavernome a été responsable de crises d'épilepsie, l'intervention permet le plus souvent de diminuer ou de guérir l'épilepsie.
La chirurgie est le seul traitement curatif des cavernomes. Elle est proposée lorsque le cavernome est accessible et qu'il a déjà entraîné des symptômes ou que sa taille a augmenté.
L'intervention est réalisée sous anesthésie générale, avec un repérage précis grâce à la neuronavigation pour minimiser la voie d'abord. Après incision cutanée, une ouverture osseuse est réalisée, puis l'enveloppe du cerveau est ouverte pour accéder au cavernome.
Exérèse d'un méningiome infra-tentoriel
Les méningiomes infra-tentoriels nécessitent parfois que le patient soit installé sur le côté, sur le ventre, ou plus rarement en position assise. En fonction des nerfs au contact de la tumeur, il est possible d'en surveiller l'activité durant la chirurgie par électrodes.
L'approche des méningiomes infra-tentoriels est complexe en raison des limites étroites de cette loge et de son environnement neurovasculaire. Des approches complexes, par exemple au travers de l'os de l'oreille (rocher), peuvent être nécessaires.
L'exérèse est réalisée sous microscope avec des techniques de microchirurgie et peut durer plusieurs heures. L'objectif est d'enlever la tumeur en respectant au maximum l'environnement neurovasculaire.
Exérèse des tumeurs supra-sellaires
Le terme « tumeur supra-sellaire » indique la localisation de cette tumeur à l'intérieur du crâne, dans une région profonde sur la ligne médiane, à la hauteur de la racine du nez. Cette région est traversée par des éléments anatomiques essentiels : voies optiques, glande hypophyse, artères carotides internes et nerfs oculomoteurs.
La compression de ces éléments par la tumeur est généralement ce qui en permet le diagnostic : baisse d'acuité visuelle, troubles du champ visuel, troubles hormonaux ou diabète insipide. Chez l'enfant, un retard staturo-pondéral peut être révélateur.
Ventriculo-cisternostomie endoscopique
Cette intervention traite l'hydrocéphalie non communicante, causée par une obstruction des voies d'écoulement du liquide céphalo-rachidien (LCR). La dilatation des ventricules cérébraux peut être due à une malformation (sténose de l'aqueduc de Sylvius) ou à la compression par une tumeur.
L'intervention se pratique sous anesthésie générale. Le chirurgien réalise une incision frontale et introduit un endoscope par un trou de 1,5 cm pour « naviguer » dans les ventricules. La membrane obstructrice est perforée puis agrandie à l'aide d'un ballonnet. La durée totale est de quelques dizaines de minutes.